Confession des péchés:

"Nul ne peut voir Dieu et vivre". La rencontre de Dieu avec l'homme est toujours un drame, qui fait s'écrier le prophète Esaïe (6 : 5) "Malheur à moi qui suis pêcheur, malheur à moi, je suis perdu", ou à l'apôtre Pierre réalisant la divinité du Christ: "Seigneur, retire toi de moi, car je suis un homme pêcheur" (Lc 5,8). La confrontation de la gloire éternelle avec la misère de l'homme est toujours terrible, car "il est terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant" (Hb 10,31). Sans le Christ, il n'y aurait pas de rencontre possible, et pourtant même avec lui le face à face est tragique, et nous ne pouvons que nous écrouler, car nous méritons la mort. Notre révolte se dévoile, elle est mise à nu, il nous faut reconnaître notre péché parce que la croix du Christ qui se dresse là révèle notre faute.

Mais notre service ne se fait pas en vase clos, il n'est pas célébré essentiellement pour nous mettre nous-mêmes en règle, pour avoir la conscience tranquille, mais pour qu'à la place de tous ceux qui l'ignorent, nous confessions leur péché en même temps que le nôtre, c'est-à-dire celui du monde: les guerres, les duretés des hommes, leur manque de générosité, les conflits sociaux, nos démêlés avec notre voisin, tout cela est présent dans notre confession des péchés. Nous déposons là nos fardeaux avant d'entrer louer le Seigneur. Il s'agit de recevoir sa Parole, de la méditer, de prendre la Cène dignement, et pour cela il faut nous préparer. Or cette préparation, c'est beaucoup plus que ces quelques minutes de confession cultuelle.

Cela est tellement vrai que la confession en commun au culte dominical n'existait pas dans l'Eglise ancienne. La communauté primitive avait conscience d'être l'épouse sainte et rachetée du Ressuscité vivant et lumineux de Pâques. Elle vivait consciente de sa faute, mais pardonnée. Ce n'est qu'au Moyen Age, et par des détours compliqués, qu'elle s'est introduite dans la messe romaine. Luther en avait complètement rejeté l'usage. Parce que la Réforme n'a jamais rejeté la confession privée, véritable préparation à l'office, parce que Luther demandait que l'on se préparât la veille chez soi, elle était inutile dans le service.

Cependant, la vie moderne, la disparition quasi totale de la confession privée, militent en faveur du maintien de cette confession dont nous avons besoin. Car on ne vient pas au repas du Seigneur sans discernement.

Absolution.

En vérité, nous n'avons d'autre espoir que la pitié de Dieu, et au moment où se lève la hache du bourreau, - car c'est la mort que nous avons méritée, pas cette mort spirituelle et irréelle dont nous parlons souvent, la mort réelle - à ce moment dramatique semblable à celui où Abraham lève son couteau sur Isaac, amors retentit une parole invraisemblable, parole de Dieu lui-même par la bouche de son serviteur: Grâce et pardon vous sont donnés! Nouvelle inouïe et miraculeuse, alors que l'on n'attendait que la colère divine: Tu es pardonné. J'efface tes péchés comme une nuée. L'inattendu arrive, il n'y a aucune condition, accepter ce qui est déjà préparé dans l'amour du Père et par le sacrifice du Fils; il est même interdit de douter, car Jésus-Christ lui-même parle: "Même si un ange du ciel annonçait un autre Evangile, qu'il soit anathème!" (Gal 1,8).

Alors, nous ne pouvons que répondre dans l'exultation, avec les anges de Noël: Gloria in excelsis Deo! Car c'est dans cette nuit-là que tout s'est joué, Jésus est venu pour vivre, souffrir, mourir et ressusciter; Dieu nous regarde à travers Lui dans son infinie miséricorde qui désormais remplit toute la terre. Notre joie éclate, qui n'est pas une émotion superficielle, ni personnelle, mais la joie de la création rachetée, sauvée, aimée.

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