Prière de collecte:
Réconciliés, nous pouvons prier, nous pouvons alors parler nous-mêmes: c'est le second élément qui va marquer la couleur de ce dimanche, qui va varier chaque dimanche, et qu'on appelle la collecte: autrefois, dans l'Eglise ancienne, on invitait les fidèles à prier chacun en silence, puis l'officiant rassemblait, "collectait" la prière de tous en une courte oraison qui la concluait. D'une structure simple et biblique, cette prière se rapporte aux lectures, au thème de ce jour, au temps de l'année où l'on se trouve. Elle nous prépare à l'audition des lectures pour les recevoir avec profit. Aussi confions-nous cette prière au Christ, notre avocat auprès de Dieu, pour qu'Il la saisisse et la porte comme sa propre prière aux pieds du trône divin d'où va jaillir la Parole de Vie.
Lectures:
Dieu va nous nourrir dans cette halte: il parle, et il parle longuement. Sans cette parole, le culte ne serait plus rencontre entre Dieu et son peuple, mais seulement monologue humain. Notre liturgie ne serait plus réponse, mais quête à l'aveuglette et désespoir. Le cène ne serait pas le couronnement du culte, mais un mystère non déchiffré, et même, au pire, un acte magique! Certes cette Parole ne résume pas tout le culte, il y a d'autres aspects, mais sans elle ce culte serait comme vidé de sa substance et on ne verrait pas ce qui le distingue d'un culte non chrétien.
Il est cependant difficile de découper ainsi notre service, car en vérité, notre certitude c'est que toute la liturgie, dans ses textes et son déroulement, qu'elle soit dite, chantée, monologuée ou prononcée en commun, tout cela est exclusivement et uniquement fondé sur l'Ecriture. Il n'est pas jusqu'au plus petit mot chanté: Amen, Seigneur aie pitié, gloire à Dieu, qui avant d'être prononcé par nous n'ait été entendu sur les lèvres d'un témoin biblique. Oui, tout le culte chrétien est porté par cette Parole, trame de la liturgie, lumière de l'eucharistie, car "la foi vient de ce qu'on entend". La Parole, puissante, efficace, retentit comme au premier jour: "Et Dieu dit". Elle nous crée de nouveau: elle est toujours créatrice aujourd'hui; l'audience accordée se solennise pourtant dans une proclamation de la Parole du Maître souverain.
La première est celle de l'Ancien Testament, la seule Ecriture qui existait au temps de Jésus. La prophétie éclaire la venue du Christ, comme celui-ci éclaire la prophétie.
Voici ensuite l'Epître, seconde lecture, plongée dans le problème de la pratique quotidienne de la vie chrétienne, elle nous éclaire sur bien des problèmes courants, elle nous instruit, nous exhorte et nous encourage.
Puis nous nous levons. Voici, en dernier lieu, comme on place toujours le plus digne à la fin du cortège, l'Evangile, celui qu'Origène appelait la "couronne de l'Ecriture".
Ces trois lectures ne sont pas confiées à la fantaisie du lecteur ou du pasteur: elles sont choisies pour être réparties sur l'ensemble des dimanches de l'année, afin qu'en trois ans, chaque fois et toujours à nouveau nous ayons fait le tour de la vie du Christ et des grands thèmes bibliques, comme le soleil tourne autour de la terre et en éclaire toutes les faces.