Après l'Introït, la Confession des péchés
et l'Absolution, les lectures et la prédication, voici le moment du
Credo :
Credo
Le credo n'est pas destiné au visiteur distrait qui, par hasard, entrerait dans une église. Il est là comme un grand chant de louange et d'amour de celui qui a goûté la bonté de Dieu : Seigneur, tu viens de nous donner ta Parole, tu nous as instruits, édifiés, fortifiés, consolés, nous nous donnons à toi.
Que ce credo soit toujours le même ne gêne pas. Tout au contraire. Quand deux êtres s'aiment, ils se disent toujours à peu près la même chose, tout au long de leur vie. Ils se disent qu'ils s'aiment et ils ne cherchent pas sans cesse des mots nouveaux ; ils savent bien qu'ils s'aiment, pourtant ils le redisent, parce que si cela va sans dire, cela va aussi tellement mieux en le disant.
Dieu sait aussi qu'il nous a envoyé son Fils, né de la Vierge Marie, mais la joie de l'amour fait chanter à tous devant Dieu : voilà, oui voilà ce que tu as fait pour nous, voilà, tu es beau et tout cela est magnifique, et voilà comme je t'aime, et voilà comment je crois en toi. Notre confession de foi est vraiment une prière, tout comme nos cantiques : avec ses paroles à elle, l'Eglise rend à Dieu la Parole qu'Il lui a adressée et comme on ne peut lire la Bible entière chaque dimanche, la confession de la foi répond par tout ce qui n'a pu être annoncé ce jour-là, elle est en quelque sorte le sommaire de la foi chrétienne.
En confessant la foi, nous nous offrons, car le credo nous engage. Dire je crois ne signifie pas seulement dire que j'admets la réalité de ce que je vais énumérer, cela veut dire aussi que je risque ma vie, je joue mon existence sur tout cela, et que je renonce à tout ce que je ne vais pas proclamer.
Il y a là, comme dans bien d'autres parties du service, une vertu explosive qui nous fait sortir de notre péché, lequel consiste, comme disait Luther, à être recroquevillé sur soi-même. Dans le credo, notre vision dépasse notre clocher, pour nous conduire à l'Eglise universelle qui n'est ni luthérienne, ni réformée, ni romaine, ni orthodoxe, mais l'Eglise du Christ, ou encore l'Eglise catholique puisque ce mot veut dire universel. Il y a là une unanimité qui ouvre les portes à la foi et à la vérité. Unis par un même amour, nous confessons la foi de l'Eglise universelle. Le Credo nous donne la possibilité d'entrer dans cette vérité qu'aucun de nous ne possède tout seul. Voilà notre unité, celle de ceux qui ont écouté la Parole et manifestent qu'ils l'ont entendue et vont rencontrer celui qui parle dans ce repas de sa présence. C'est aussi tout cela que nous proclamons dans nos cantiques, qui prolongent une tradition très ancienne de la synagogue comme de toute l'Eglise au cours des siècles. Ils marquent notre grande espérance et la jubilation de ceux qui savent que dans le royaume nous chanterons la gloire du Seigneur et que nous serons dans la joie pour l'éternité. Déjà nous participons à la joie céleste!