Après l'Introït, la Confession des péchés
et l'Absolution, les lectures et la prédication, le Credo, voici le
moment de la prière universelle :
Offrande :
Notre offrande des biens matériels se situe dans la perspective de la foi. C'est pourquoi nous la présentons légitimement au moment où l'on présente les espèces de la cène. Si nous voulions retourner ici aux coutumes anciennes, nous retrouverions cette magnifique tradition qui consistait à apporter le pain et le vin en même temps que l'on apporte les offrandes des fidèles. Car celles-ci sont aussi le signe de notre unité et de notre fraternité. L'offrande a toujours fait partie du culte chrétien depuis les origines. Nous venons comme les Mages de Noël portant l'or, l'encens et la myrrhe, comme la femme qui oignit les pieds de Jésus d'un parfum de grand prix, comme Joseph d'Arimathée offrant son tombeau. Dans cette perspective, il ne peut plus s'agir d'une aumône sortie à la hâte du porte-monnaie et jetée rapidement dans la quêteuse. Ce ne peut plus être qu'une offrande préparée soigneusement avant de venir. Nous prions le Seigneur qu'il veuille bien l'accepter, comme le signe de notre consécration à son service.
Prière universelle :
Cette offrande de nous-mêmes, cette consécration, ce sacrifice, cet engagement au service du Seigneur va se poursuivre dans la prière qui est l'un des grands offices de l'Eglise pour le monde et pour Dieu. Il s'agit là aussi de mener le combat de la foi pour le monde. L'Eglise est là non pour se complaire en elle-même, mais pour le salut du monde et son occupation primordiale sera la prière. L'histoire de l'Eglise, c'est l'histoire de l'exaucement de sa prière.
Sur la croix tout est accompli. Et chaque fois que l'Eglise se rassemble pour "proclamer la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne", elle proclame du même coup la fin et l'échec de ce monde, et elle confesse que la vie prend son sens dans la mort et la résurrection du Christ. La prière est le grand démenti que nous jetons à la face du monde qui prétend faire son salut tout seul et par lui-même.
Dire gloire à Dieu, c'est protester contre les puissants qui prétendent combler l'attente des hommes, c'est déclarer qu'ils sont dépouillés de leur orgueil et que le Christ a triomphé d'eux par la croix. La prière est donc pour nous un acte foncièrement politique qui rappelle que ce n'est pas à nous ou au monde, mais à Dieu qu'appartiennent le règne, la puissance et la gloire. Cela ne peut manquer d'avoir des conséquences dans notre vie.
Nous devrons manifester Dieu dans le monde. Dès lors, pour que nous soyons aptes à le faire, pour que notre existence soit garantie, nous osons présenter nos requêtes. Demandez et l'on vous donnera...