ANAMNESE
Cette adoration va se prolonger dans une dernière prière qui est mémorial, non pas simple souvenir, mais actualisation : nous sommes rendus contemporains de la Croix, nous sommes dans la chambre haute, c'est aujourd'hui que le Christ est mort et ressuscité pour nous. Alléluia !
La liturgie nous fait contemporains du Christ, de sa croix, de son trône.
Mais si elle fait du passé un présent, elle nous fait entrer en avance dans le royaume à venir que le Christ nous a préparé à la droite du Père : par lui monte notre prière, avec lui car il est vraiment présent, parce qu'il vient en nous.
NOTRE PERE
Et notre adoration s'épanouit dans la prière du Christ, celle qu'il nous a donnée comme on
donne le meilleur à ses enfants, et que nous cueillons sur ses lèvres pour la dire avec lui :
Notre Père qui es aux cieux...
Avec amour nous allons dire cette prière en tant qu'Eglise, épouse du Christ.
La liturgie est nuptiale : on se donne à lui, on prie sa prière, car on l'attend, on le sait
à la porte, il va entrer dans le sanctuaire où, comme une épouse, l'Eglise a tout préparé
pour Lui et dressé sa table. Et on invite tous les amis a se joindre au banquet.
"Si tu présentes ton offrande à l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère". C'est
le thème de la réconciliation qui va maintenant dominer cette ultime approche : Ce qui est
passé est englouti dans l'amour de Dieu, et c'est réconciliés avec lui ayant fait la paix
avec nos frères, que nous allons pouvoir nous avancer vers l'autel, duquel autrefois partait
le baiser de paix que chacun donnait à J'autre et qui faisait le tour de la communauté dans
un grand élan d'amour et de joie : "Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous". Là
aussi, notre engagement devrait se concrétiser par un grand, un énorme "Amen" d'adhésion et
de témoignage.
Réconciliée, l'Eglise va s'avancer dans un mélange de joie,
d'adoration et aussi d'humilité : voici l'Agneau de Dieu qui ôte
le péché du monde.
Nous n'en aurons jamais fini d'être des pécheurs pardonnés,
et nous le dirons encore en nous inclinant avec le Centurion : "Seigneur je
ne suis pas digne... dis seulement une parole".
Puis nous nous mettrons en route, comme en marche vers le royaume, pour nous
approcher du Seigneur lui-même et recevoir ensemble notre nourriture. Ensemble, réunis comme les épis et les grappes pressés, moulus et rassemblés, oui, viens Seigneur Jésus ! (Maranatha, en araméen : viens Seigneur). Les premiers chrétiens vivaient dans J'attente ardente du retour du Christ.
L'Eucharistie anticipe le retour puisqu'elle est la présence du
ressuscité.
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