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Editorial, février 2010
"Seigneur, je te prie pour que cette année il y ait plus de 5 fidèles de Saint-Jean au culte du mercredi des cendres !" - voilà la demande que j’adresserai le 17 février, en me rendant à la célébration régionale de notre Eglise luthérienne. L’entrée en Carême est un moment essentiel de la vie liturgique, du partage en Église, et je suis triste de voir la façon dont, globalement, notre paroisse la néglige. Tout doit-il finir quand on est invité à une autre adresse qu’au 147 rue de Grenelle ?
La période du Carême est souvent considérée en la réduisant à ses pratiques. Un "carême protestant" comme temps de lectures bibliques et de prédications. Un "carême catholique" invitant au jeûne, à la prière et à l’aumône. Outre le simplisme caricatural de ces images, cette façon trop superficielle de décrire les choses occulte l’intention essentielle de toutes ces pratiques : se mettre devant la croix du Christ.
Le geste de la cendre nous rappelle un fait simple : être chrétien, c’est d’abord regarder un homme, Jésus, qui souffre une mort injuste et atroce, et être bouleversé par cette situation. Dire, ensuite, que lorsque nous parlons de Dieu, nous le voyons d’abord comme cet homme crucifié. Et reconnaître qu’après cette rencontre, nos priorités de vie ne sont plus les mêmes.
Etre chrétien, c’est faire ce choix bizarre de tout repenser autour d’une croix. Cela ne vous intéresse pas ? Rassurez-vous, personne ne vous oblige à aller au culte des cendres. Personne ne vous oblige non plus à vous dire chrétien, d’ailleurs. Mais si vous voulez être chrétien, le regard sur la croix n’est pas en option.
Pasteur Frédéric Chavel
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